Hiver 2007, la veille des fêtes, Banlieue parisienne.
La nuit était tombée depuis pas mal de temps déjà, dans les cités, les immeubles semblaient endormis. Personne dans les rues, pas un bruit, on entendait juste le RER passé. Aucun signe de vie, les hommes étaient au chaud, dans leur foyer, entouré de leur famille, en sécurité, ne sachant pas que l'enfer existait à quelques mètres en dessous...
Sous les appartements à l'abri des regards, dans la plus reculée et sombre cave se rejoignaient différents jeunes, des hommes sans exceptions, variant l'age de 17 à 25 ans. Appuyés à une table, deux types, d' une vingtaine d'années, un brun et un blond, musculeux, vêtus tout deux d'un jean couleur délavé et d'un manteau en cuir noir, une carte de crédit en main, faisaient des rails puis se penchant, ils aspirèrent la drogue par le nez. Le blond secoua la tête et l'appuya entre ses mains.
<< Brian! Je crois que tu as eu ton compte pour ce soir, si Steeve voit que tu lui a piquer de la coke, on sera dans la merde!
- Hey calme petit frère! Tu sais très bien qu'il ne sera pas là avant deux voir trois heures. Arrête un peu de stresser, et viens plutôt! >>
Le dénommé Brian parlait à voix basse mais savait très bien que son frère l'avait entendu, ce dernier quitta son coin sombre d'où il guettait l'arrivée du leader, et s'avança à la lumière. Semblable à son frère, il avait la chevelure blonde mais plus jeune de trois ans, il était tout aussi musclé et habillé de la même façon, ses yeux émeraudes étaient à la lumière: le miroir de ses émotions. Arrivé devant Brian, il s'accroupit devant lui.
<< Je ne retoucherais plus à cette merde! C'est à cause d'elle qu'on en est là, et si tu ne t'arrête pas maintenant, tu ne pourras plus faire machine arrière, pense à toi, à ton avenir, à moi, à papa... - tristement il ne vit aucune réaction de la part de son frère- Je pensais au moins que tu aurais tenu la promesse faite à Émilie. >>
A l'énoncé du prénom de son ex petite amie, Brian releva la tête, le regard brillant, ses lèvres se mirent alors à trembler et une perle transparente vint rouler sur sa joue, il ferma les yeux, tendit les mains afin d'attraper les épaules de son jeune frère pour l'étreindre contre lui.
« Je suis désolé! Dylan, je suis tellement désolé. Je n'aurais jamais dû t'attirer là-dedans, à cause de moi tu risque gros, je ne suis qu'un imbécile qui met la vie de son frère en danger, comme je l'ai fait avec celle que j'aimais... - Il le repoussa, ses spasmes se calmèrent- Tires-toi avant qu'il ne soit trop tard! »
Dylan sourit malgré son mal et secoua vigoureusement la tête d'un geste négatif. Il n'abandonnerait pour rien au monde son grand frère, même dans la pire des absurdités, enfin il ne pouvait y avoir pire que celle-ci. Tout cela était arrivé si rapidement, il savait qu'ils étaient entraînés dans un problème d'une ampleur fulgurante, il ne voyait pas beaucoup de solution de sortie sans mettre son aîné en danger. Il aurait pu faire appel à l'extérieur, mais il n'avais pas beaucoup de contact, ses connaissances étaient de ce monde dû par Brian, il était piégé. Son père était un avocat très révélé, cette affaire même gagnée aurait mis fin à sa carrière. Sa mère? Elle était décédée lors de son quinzième anniversaire, ce fut le détonateur qui plongea Brian dans cet environnement. Si seulement il n'y avait pas eu cela, si seulement lui-même ne s'était plongé là-dedans, dans ce milieu, un univers cruel, noir, de défi, de combat, ou aucune loi n'est appliqué, seule la mort et la gloire régnaient. Mais quelle gloire? Dylan sortit de ses pensées, secoua de nouveau la tête comme pour chasser ses souvenirs.
« Tu sais très bien que je ne t'abandonnerais pas ici, c'est par ma faute aussi si on en est là. Je ne te laisserais jamais tombé tu entends?
Ok - il sourit ferma les yeux et récita - un brin de génie...
Pour trois grains de folie, ri Dylan, tout bas, je ne te laisserais pas ici, je vais trouvé une solution, je te le promets. »
Des crissements de pneus se firent entendre, les garçons se tendirent alors d'un coup. A la surface, des brides de paroles leur parvinrent puis un coup de feu. Dylan regarda alors son frère, comme dans un ralenti, il pris le sachet posé sur la table, souffla au dessus d'elle afin d'enlever les dernières traces, son pouls se faisait pressant contre sa poitrine, il sentait son coeur prêt à exploser, il ferma le sachet, le jeta dans le tiroir, le poussa. Se retournant vers Brian et les autres gars de leur camps, il vit son frère empoigné l'arme caché dans son dos, les autres étaient répartis dans toute la salle en posture de défense, lui se rapprocha alors de son sanctuaire, de sa cachette, de là où personne ne le verrait, il retourna dans l'ombre. Un éclair argent vrilla ses pupilles lorsqu'il sentit les pas martelés le sol dans le couloir menant à la cave, il dégaina lentement son revolver, son regard fixé sur la porte, il braqua son arme et attendit. La scène ralentit, Dylan prit une profonde inspiration, se retrouvant dans son for intérieur où seul le contrôle commandait, sa respiration se fit régulière, presque légère, elle s'accordait au rythme des pas.
Une silhouette apparut dans son champ de vision, jeune, plus vieille que son aîné de quelques années, elle inspirait méfiance, et danger.
Tandis que ses « amis » se détendaient à la vue de cette personne familière, Dylan lui, resserra sa prise autour de la crosse de son arme, un sentiment lui indiquant un danger courait dans ses veines.
Il attendait, tendu comme un arc, de tirer et de bondir sur l'ennemi, sur l'auteur de ce péril soupçonné.
Dylan restait calme, son visage était fermé ne laissant paraître aucune émotion, comme celui de son frère à cet instant, Steeve s'avança alors vers la commode où quelques instants auparavant Dylan avait déposé la poudre.
Le dealer ouvrit le tiroir, prit le sachet et l'examina à la lumière accroché si soigneusement au plafond. Son regard s'attarda quelques instants puis dévia et se planta dans celui de Brian.
« T'es-tu servi McCannon?
Non, pas sans ton autorisation.
Tu mens Brian, le quart du sachet est partit et tu as les iris dilatés... »
L'atmosphère devint alors lourde, et tendue, chacun se fixait et attendait le signal qui libérerait cette violence habité par les hommes.
Steeve et Brian s'affrontaient du regard, le trafiquant commençait à s'impatienter, le problème avec les gens de ce milieu est qu'ils ne peuvent garder leur calme plus de cinq minutes et perdent leur sang froid. Alors que Brian lui, impassible, calme, restait le yeux fixer dans celui de l'autre, attendant de frapper, il savait qu'il n'aurait pas beaucoup de temps, il lui fallait juste un moment d'inattention, la présence de Dylan tapi dans le noir, dans son domaine, le réconfortait, il ne pouvait pas avoir confiance aux quatre gars à côté de lui. Steeve n'avait que trois hommes avec lui, « facile à mettre à terre » se dit-il, Dylan et lui avait pratiquer la boxe dès leur plus jeune âge, il ne se vantait pas, il savait par la vision d'eux par les autres: qu'ils étaient forts, et qu'ils étaient redoutés, s'est pourquoi le dealer était long, il aurait probablement déjà passer au corps à corps avec d'autres, mais là, ce soir il s'agissait de Brian et Dylan.
De son côté Dylan avait hâte de passé à l'acte, son sang courrait à toute vitesse dans sa chair, l'adrénaline lui montait à la tête, il sentait presque l'impact de ses poings sur ses adversaires, des fourmis grouillaient dans ses doigts alors qu'il tenait l'objet de métal glacé. Il avait l'impression que l'odeur de plomb envahissait ses narines, comme une effluve de drogue, il voulait appuyer sur la détente , il pressentait que quelques choses allait se passer d'ici peu.
Similaire à un film freiner, Steeve se retourna à demi, prit un automatique de l'holster d'un de ses complices, mais Brian avait déjà réagit en lui envoyant un coup de pied afin de le déstabiliser. Les coups fusèrent violent, d'une efficacité redoutable mettant ainsi à terre leurs adversaires, Dylan avait abandonné son arme après avoir tiré dans la jambe d'un homme de Steeve qui visait sur Brian.
C'est donc aux côtés de son aîné qu'il se battait encore une fois, laissant cette habitude prendre son envol sur son corps, il n'avait plus de contrôle sur lui-même seul le désir de mettre ses ennemis à terre le maintenait dans cet état de subconscient. Les attaques de leurs opposants se firent à un moment, plus lente, moins nombreuses et précises, puis le silence régna seuls les halètements et gémissements de douleurs se firent entendre.
Les deux garçons se regardèrent essoufflés, et couverts de quelques bleus.
« On ferait mieux de rentrer avant qu'ils ne redeviennent conscient et valide », proposa Brian.